Largement
prescrits, les médicaments à base de prednisolone perturberaient
significativement le métabolisme du glucose après seulement une semaine de
traitement, alerte une nouvelle étude.
Sommaire
Indiquée
dans le traitement de l’asthme, des rhinites ou encore
des otites pour son
action anti-inflammatoire, la prednisolone est un glucocorticoïde largement
utilisé. Pour autant, ses effets secondaires pourraient être amplement
sous-estimés : une étude présentée lors de la conférence annuelle de la Society for Endocrinology qui
se déroule du 11 au 13 novembre 2019 au Royaume-Uni révèle que les médicaments
à base de prednisolone pourraient augmenter significativement les risques de diabète, et ce même
après une courte période de traitement.
Des risques même avec un traitement à faible dose sur
le court terme
Pour
arriver à ce constat, les chercheurs ont recruté 16 hommes non diabétiques. Six
d’entre eux ont reçu 10 mg de prednisolone pendant sept jours, les autres 15 mg
- des doses faibles. Leur poids, leur glycémie à jeun ainsi
que leur degré de résistance à l’insuline ont
été mesurés avant et après la prise, la relation entre diabète et traitement à
base de corticoïdes à haute dose sur le long terme étant déjà connue (diabète
cortico-induit) .
Les
résultats ont montré que chez le groupe qui s’était vu administrer 15 mg de
prednisolone, la régulation de la glycémie était altérée, c’est-à-dire que
l’insuline n’était pas utilisée efficacement. Pour le docteur Riccardo Pofi,
directeur des travaux, c’est donc “la
première étude qui examine les effets métaboliques à très court terme de doses
de glucocorticoïdes fréquemment prescrites chez des individus sains, et cela
indique que même à ces faibles doses, le métabolisme du glucose est affecté,
suggérant un risque accru de diabète avec un traitement continu.”
Vers un meilleur suivi des patients traités sous
glucocorticoïdes
Si de plus amples recherches sont nécessaires pour
confirmer ces résultats et déterminer si les effets indésirables de la
prednisolone peuvent être réduits ou prévenus avec un traitement antidiabétique
combiné, les chercheurs affirment que cette étude souligne l’importance de
mieux informer les professionnels de santé sur ces risques, de déterminer les
meilleures doses de glucocorticoïdes pour le patient et de mieux surveiller ce
dernier, aussi bien lors d’un traitement sur le long terme que sur le court
terme.
Ecrit par:
Morgane Garnier
Journaliste

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