Alors que la Journée mondiale du diabète
se tient ce jeudi 14 novembre, la Fédération Française des Diabétiques milite,
à travers une pétition et une campagne de sensibilisation lancées le 17 octobre
dernier, pour que le gouvernement révise les textes réglementaires interdisant
aux personnes diabétiques d'exercer certaines professions.
La pétition lancée le 17 octobre pour mettre fin aux discriminations
professionnelles faites à l'encontre des diabétiques a déjà récolté près de
24.000 signatures.
Pompier, pilote d'avion, hôtesse de
l'air... Des métiers qui peuvent faire rêver les enfants, mais auxquels les
diabétiques doivent renoncer, parfois dès leur plus jeune âge. En France, des
textes interdisent spécifiquement la pratique de certains métiers aux personnes
atteintes de cette maladie chronique qui touche près de 4 millions de personnes
dans l'Hexagone.
"Ces règles rédigées il y a plusieurs
décennies ne tiennent pas compte des nouvelles technologies de surveillance et
de soin dont disposent les diabétiques aujourd'hui en France, comme les pompes
à insuline et la mesure en continu du glucose",
déplore Sylvie Picard, diabétologue et membre de la Fédération française des
diabétiques.
"Pour les métiers qui ne posent aucun
problème de sécurité comme contrôleur SNCF, ces interdictions peuvent paraître
tout à fait aberrantes. Pour ce qui est des métiers dits "de
sécurité", comme pilote d'avion ou gendarme, il faut effectivement imposer
des mesures avec les patients diabétiques. Mais cela devrait être au cas par
cas... Une des premières étapes devrait être de pouvoir prouver que les
patients sont tout à fait capables de se surveiller et de soigner",
ajoute la médecin.
Le diabète de type 1 se déclarant dans
la moitié des cas avant l'âge de 20 ans, l'orientation professionnelle peut
directement en pâtir, comme pour la championne du monde de karaté Alizée Agier,
qui a passé le concours de gardien de la paix il y a quelques années. Seul test
où elle a échoué : la visite médicale, au cours de laquelle elle a signalé son
diabète, ce qui lui a valu d'être recalée.
"Ma carrière était brisée"
Mais
le diagnostic peut aussi s'annoncer chez une personne qui occupe déjà un poste,
par exemple si elle souffre d'un diabète de type 2 ou d'un diabète de type 1
diagnostiqué tardivement. C'est précisément ce qui est arrivé à Yoann, 30
ans, ancien gendarme.
"J'ai été diagnostiqué diabétique de type 1 en novembre 2017. A l'époque, j'étais gendarme motocycliste depuis dix ans. Après un séjour à l'hôpital, j'ai dû me rendre à une visite médicale auprès du médecin militaire. Conformément au SIGYCOP, j'ai été déclaré inapte à exercer mon travail. A partir de là, on m'a retiré mon arme et mon véhicule et j'ai été confiné à la caserne. J'ai été mis au placard, je n'avais plus de perspectives d'évolution. Ma carrière était brisée", raconte-t-il à Relaxnews.
"J'ai été diagnostiqué diabétique de type 1 en novembre 2017. A l'époque, j'étais gendarme motocycliste depuis dix ans. Après un séjour à l'hôpital, j'ai dû me rendre à une visite médicale auprès du médecin militaire. Conformément au SIGYCOP, j'ai été déclaré inapte à exercer mon travail. A partir de là, on m'a retiré mon arme et mon véhicule et j'ai été confiné à la caserne. J'ai été mis au placard, je n'avais plus de perspectives d'évolution. Ma carrière était brisée", raconte-t-il à Relaxnews.
Depuis plusieurs années, la Fédération
mène des actions sur le terrain et accompagne les diabétiques victimes de ces
règles discriminatoires dans le cadre professionnel. Le 27 mai 2014, un nouvel
arrêté relatif aux différentes filières du concours d'admission à l'École
Polytechnique a été révisé, suite à l'évincement d'une jeune femme de 23 ans
diabétique de type 1 à qui on avait refusé l'admission dans un premier temps.
Ce nouvel arrêté stipule que l'aptitude médicale du candidat répond aux stricts
besoins de la scolarité et que l'admission n'est plus soumise à la référence du
SIGYCOP (profil médical permettant de déterminer l'aptitude d'un individu à
exercer dans l'Armée française ou dans la Police nationale française).
Yohann,
lui, a préféré renoncer à son titre de gendarme. "J'ai réussi à rebondir et je suis devenu
inspecteur du recouvrement à l'Urssaf. J'effectue des enquêtes et des contrôles
de travail dissimulé dans les entreprises. Le 15 mars dernier, j'ai demandé à
être radié de la gendarmerie. Le lundi, je signais un CDI à l'Urssaf. Je me
sens mieux aujourd'hui, même si j'ai encore une certaine nostalgie du temps où
j'étais motocycliste à la gendarmerie. Mais je m'efforce d'aller de l'avant".
Les
actions de la Fédération française des diabétiques ont également abouti à une
évolution concernant les "métiers de la mer", avec la publication
d'un arrêté du 5 juillet 2019. "Une personne atteinte de diabète peut désormais
exercer les métiers de l'hôtellerie sur un bateau de croisière",
précise la Fédération, dont la pétition pour mettre fin aux discriminations
professionnelles faites à l'encontre des diabétiques a déjà récolté près de
24.000 signatures.
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